Depuis la réouverture des musées le 19 mai dernier, les musées nous proposent un superbe programmation d'expositions temporaires. Notre sélection, si vous restez un peu à Paris ou si vous passez par là cet été !

1. Elles font l’abstraction, Centre Pompidou, jusqu’au 23 août 

On vous parle sans cesse de cette expo, elle a vraiment été un coup de cœur pour nous : un vrai point de vue et de belles découvertes et remises en questions historiques. 

Coup de cœur pour les œuvres de la suédoise Hilma af Klint, rarement présentées en France et pourtant si impressionnantes, qui ouvrent l’exposition. Et pour finir l'exposition : un tableau monumental du APY Art Center Collective, œuvre collective réalisée par des femmes issues de communautés aborigènes du sud de l’Australie.

En savoir plus - Présentation de l'expo par une des commissaires, Christine Macel


2. Les origines du monde, Musée d’Orsay, jusqu’au 18 juillet 

Cette exposition organisée avec le Museum national d’histoire naturelle retrace le développement des sciences naturelles et l’impact de ces découvertes dans les arts plastiques. De l’homme préhistorique aux dinosaures, on comprend la révolution et les remises en question opérées par cette nature nouvelle. Le croisement entre objets du patrimoine scientifique et objets d’arts provenant du Louvre, du musée d’Orsay ou d’autres très prestigieuses collections permet une mise en perspective nouvelle et plutôt rafraîchissante !

Le musée d’Orsay est décidément à la pointe quand il s’agit de proposer de nouveaux regards sur les oeuvres d’art.

Nos coups de coeur dans cette exposition : les Panaches de mer, lithophytes et coquilles d’Anne Vallayer-Coster (1769, musée du Louvre), les deux tableaux d’Hilma af Klint (dont HaK27, Group II, The Eros Series no. 2, 1907), bien représentées dans les musées en ce moment, ou la cimaise confrontant l’Origine du monde de Gustave Courbet (1866, musée d’Orsay) et la Coquille d’Odilon Redon (1912, musée d’Orsay).

Ne traînez pas, l’exposition se termine dimanche !

Plus d'infos - L'art et la matière (France Culture) consacrée à l'expo


3. The Power of My Hands, Afrique(s) : artistes femmes, Musée d’art moderne de la ville de Paris, jusqu’au 22 août 

Organisée dans le cadre de la Saison Africa2020, cette exposition présente le travail de seize artistes femmes issues de pays africains et de la diaspora, dont les oeuvres rendent compte de problématiques sociales, de leur rapport à leur vie personnelle, à l’espace intime et public. 

L’exposition tire son nom d’une oeuvre d’une jeune artiste, Kyezua, née en 1988 à Luanda en Angola, mettant en avant l’importance de la coiffure, des tresses, de leur enjeu social, de leur rôle identitaire.

Coup de coeur pour les toiles de Portia Zvavahera, née en 1985 à Harare, Zimbabwe, inspirées d’un rêve de l’artiste.

Plus d’infos - Pour écouter les commissaires parler de l'expo


4. Femmes peintres 1780 - 1830, naissance d’un combat, Musée du Luxembourg, jusqu’au 25 juillet 

Une très belle exposition de peinture ancienne, qui montre que l’invisibilisation des artistes femmes, dans leurs carrières et dans l’histoire de l’art, concerne toutes les époques.

Si l’exposition s’ouvre sur la plus célèbre des peintres femmes de cette époque, Elisabeth Vigée Le Brun, elle nous permet de découvrir les oeuvres d’artistes dont les noms ont été aujourd’hui oubliés et qui étaient pourtant à leur époque exposées et collectionnées. L’exposition permet de remettre à leur place ces artistes, la variété de leur travail, des sujets, des styles, et cela notamment en ne traitant qu’une courte période chronologique, autour des années de la Révolution française. 

Plus d’infos - L'expo décryptée par Magaux Brugvin


5. Dali, l’énigme sans fin, Atelier des lumières, jusqu'au 2 janvier 2022

Même si Salvador Dalí est loin d’être notre artiste préféré, la mise en scène de ses oeuvres par l’Atelier des Lumières est époustouflante.

On a l’habitude de spectacles grandioses et immersifs qui nous plongent dans l’univers d’un artiste le temps d’une visite, mais cette fois-ci, c’est le choix de la bande son accompagnant les oeuvres qui vaut le détour. En effet, les œuvres du surréaliste Dalí, mystérieuses et bizarres, sont projetées avec du Pink Floyd. Le côté psychédélique est ainsi bien souligné et la musique apporte une véritable profondeur aux œuvres du maître espagnol, leur redonnant du même coup un petit coup de jeune.

Le petit plus : un autre maître espagnol, Antoni Gaudí, est lui aussi mis à l’honneur dans une petite projection qui suit celle consacrée à Dalí. 

Plus d'infos


Bonus : en allant se promener à la Manufacture de Sèvres (Métro "Pont de Sèvres" sur la ligne 9) pour voir l’exposition « A table ! le repas, tout un art » jusqu’au 24 octobre 2021.

Et n’oubliez pas de réserver votre créneau de visite pour toutes ces expositions !

Vous en avez sûrement entendu parlé mais avez-vous déjà visité la Bourse de Commerce ? Pour nous, c’est un boost d’énergie assuré !

Vue de la Bourse de Commerce avec l'œuvre de Urs Fisher, Untitled (Giambologna), 2011 et de Maurizio Cattelan, Others, 2011.

Tout d’abord l’architecture. Dès l’extérieur vous pourrez apprécier le parvis de Châtelet métamorphosé et contempler la rénovation du bâtiment de la Bourse de commerce. Pas de grand logo sur la façade car l'édifice est classé au monument historique. Le bâtiment date du XVIIIe siècle et fut construit comme Halle aux blés avec une coupole de l'architecte Belanger puis transformé en Bourse de commerce en 1889 par Henri Blondel. La rénovation se trouve donc l’intérieur.

Une fois rentré.e, vous vous dirigerez dans un cercle de béton de 9 mètres de haut et de 30 mètres de diamètre délimitant un espace d’exposition. Ce béton gris, sobre et simplement ajouré, on le doit au prestigieux architecte japonais Tadao Ando – habitué des rénovations pour Pinault – et à la jeune agence française NeM, Lucie Niney et Thibault Marca. Dans cette arène de béton, vos yeux se dirigeront inévitablement sur la grande sculpture en cire du plasticien suisse Urs Fisher. Une fidèle réplique de L’Enlèvement des Sabines de Jean Bologne (sculpteur italien du XVIe siècle). Cette sculpture bougie fond devant nous, impuissants et étonnés de voir une œuvre si vivante de chaire et si vibrante. Quand l’art contemporain cite l’art ancien, chez ma-tisse on adore !

Mais votre regard se portera plus haut encore pour se plonger dans le panorama du XIXe siècle, une peinture de style pompier entièrement rénovée.

Le sujet est clair : la France triomphante sur le monde avec une représentation folklorique des autres pays, portée par des préjugés coloniaux. Si les médiateurs sont présents pour vous apporter la contextualisation, de nombreuses œuvres contemporaines ouvrent la discussion et vous offrent des contrepoints magistraux. De là, ne loupez surtout pas les pigeons de Maurizio Cattelan posés sur la balustrade de la Rotonde, décalés et tellement enfantins.

Ensuite, libre à vous de faire votre parcours. Au rez-de-chaussée, les vitrines d’époque sont remplies des pièces de Bertrand Lavier qui mettent encore plus en valeur son interrogation sur la valeur des objets et de l’art. Une grande salle est dédiée aux créations de l’artiste afro-américain David Hammons.

David Hammons, Untitled, 2000.

Si certaines œuvres peuvent s’avérer opaques et déroutantes n’hésitez pas à solliciter les médiateurs présents dans les salles pour avoir des clés de lecture. Elles traitent majoritairement de l’esclavage et du colonialisme.

Dans les étages, l’accrochage fait la part belle à la photographie et à la peinture. Quel plaisir de voir une des premières séries photographiques de Cindy Sherman, Untitled Film Still dont nous vous avions parlé dans l'un de nos Apéros Arty.

Cindy Sherman, Untitled Film Still, 1979

Pour la peinture, nous vous recommandons deux noms dont les œuvres questionnent l’identité noire et sa place dans l’histoire de l’art :

- Kerry James Marshall : né en 1955, vit et travaille à Chicago. Vous ne passerez pas à côté de ses œuvres grand format et de ses pigments noirs réalisés à base d’oxyde de fer.

- Lynette Yiadom-Boakye : née en 1977, vit et travaille à Londres. Son travail de portrait s’inspire notamment des peintures d'Edouard Manet à qui nous avions consacré un Apéro Arty.

Lynette Yiadom-Boakye, Vigil for a Horseman, 2007, huile sur lin, triptyque.

Et vous, quelle est votre œuvre préférée de la Collection Pinault ?

En panne d’inspiration de livres à lire cet été ? Voici quelques idées pour vous, en lien avec un sujet qui nous tient particulièrement à coeur : les artistes femmes. Face à leur invisibilisation dans l’histoire de l’art (un des livres d’histoire de l’art de référence, le Gombrich, ne cite aucune femme …), de nombreuses initiatives et travaux de recherche parviennent peu à peu à redonner aux artistes femmes leur juste place. 

Voici notre petite sélection :

1. Pour commencer : Susie Hodge, Petite histoire des artistes femmes, Flammarion, 2021

Un livre synthétique qui revient sur les oeuvres des grandes artistes femmes et les problématiques liées à leur travail : une parfaite entrée en matière qui trouvera tout naturellement sa place dans votre sac de plage cet été !

Le petit plus : Le livre présente un choix plutôt original d’artistes femmes, venant des quatre coins du monde, et des pages thématiques pour s’éloigner des traditionnelles biographies d’artistes. 

2. L’incontournable : Linda Nochlin, Pourquoi n’y a-t-il pas eu des grandes femmes artistes, Thames & Hudson, 2021

Ce petit livre est une publication toute récente et traduite en français de l’essai majeur de Linda Nochlin, qui, en 1971, date de sa publication dans la revue ARTnews, mit un grand coup de pied dans la fourmilière. Cet essai est à l’origine de nombreux autres travaux dans l’histoire des artistes femmes et leur redécouverte.

Linda Nochlin est une chercheuse américaine spécialiste de Gustave Courbet qui est surtout connue pour ses travaux sur l’histoire de la place des femmes dans l’art, rendus notamment publics lors de l’exposition dont elle était commissaire, Women Artists 1550 - 1950 au Los Angeles County museum of Art en 1976.

3. A avoir dans sa bibliothèque : Laure Adler et Camille Viéville, Les femmes artistes sont dangereuses, Flammarion, 2018

Cet ouvrage fait suite au très fameux Les femmes qui lisent sont dangereuses (publié en 2005) et présente de manière chronologique les biographies des plus grandes artistes femmes de la Renaissance à nos jours. Agrémenté de belles reproductions d’oeuvres et de photographies d’artistes, cet ouvrage donne envie d’en savoir plus sur les artistes qui y sont présentées !

L'histoire de l'art a été pensée, écrite, publiée, transmise par des hommes. Et quand on est née femme, être artiste, y avoir accès, le prouver, produire, montrer, continuer à le demeurer est un combat permanent, dangereux, épuisant physiquement, intellectuellement et psychiquement. 

Laure Adler, Les femmes artistes sont dangereuses

4. Pour voir les musées et leurs collections sous un autre oeil : Camille Morineau, Artistes femmes de 1905 à nos jours, Centre Pompidou, 2010

Publié en 2010, ce livre fait écho à l’accrochage mené par Camille Morineau au Centre Pompidou en 2009-2011, « Elles@centrepompidou », qui présentait sur les deux étages des espaces du musée d’art moderne et contemporain uniquement des artistes femmes et qui a fait date dans la reconnaissance de celles-ci.

Cet ouvrage propose une relecture de la collection du Centre Pompidou : les oeuvres des artistes femmes. Camille Morineau, auparavant conservatrice au Centre Pompidou, est directrice de l’association AWARE (Archives of Women Artists Research and Exhibitions) depuis sa création en 2014, et répond dans son travail à la sous-représentation des femmes dans le monde de l’art.

5. Pour les amateurs.trices de romans : Anne Delbée, Une femme, Camille Claudel, Le livre de poche

Une biographie de Camille Claudel qui a fait date : publié en 1982, ce livre a largement permis la redécouverte de la vie et de l’oeuvre de Camille Claudel, sculptrice géniale qui est restée longtemps dans l’ombre de Rodin. Le livre, traduit en 27 langues, est un incontournable. Il a d’ailleurs été à l’origine du film (maintenant culte) réalisé par Bruno Nuytten en 1988, pour lequel Isabelle Adjani reçut le César de la meilleure actrice pour son interprétation du personnage de Camille Claudel. 

… et bien sûr nous n’oublions pas les catalogues des grandes expositions qui ont mis à l’honneur des artistes femmes, comme Niki de Saint Phalle, Kiki Smith, Elisabeth Vigée-Le Brun, Dora Maar ou les tout récents catalogues des expositions actuellement visibles à Paris : « Elles font l’abstraction » au Centre Pompidou (dont Emmanuelle nous parlait dans un précédent article) ou « Peintres femmes (1780 - 1830) : naissance d’un combat » au musée du Luxembourg. Mais ces ouvrages sont peut-être un peu trop encombrants pour être emmenés dans sa valise pour les vacances ! 😉

En bonus : pour parler des artistes femmes aux enfants !

A mettre absolument entre toutes les mains, aussi bien des petit.e.s que des plus grand.e.s ! Chez ma-tisse, on est fan de la revue Dada, dont les contenus sont toujours très bien faits. Ce numéro, joliment illustré par Camille de Cussac, donne un aperçu joyeux et ludique de ce grand sujet de l'histoire de l'art !

Et vous, vous avez des recommandations à nous faire ?

Nous vous présentons l’un de nos derniers coups de cœurs en cette réouverture des musées :

110 artistes, actrices et co-créatrices, de l'abstraction de la fin du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui, sont mises en lumière dans une exposition haute en couleurs, en formes et en techniques !

Engageant une relecture inédite (au féminin, enfin !) de l’abstraction, le Centre Pompidou retrace l'histoire de cette esthétique née au tournant du XXe siècle. D’artistes connues et reconnues aux artistes totalement invisibilisées par l’histoire de l’art, l’exposition déploie un parcours chronologique fluide dans une scénographie rythmée et aérée. 

Dans une vision qui se veut globale : d’Europe à l’Asie en passant par l’Amérique latine et le Moyen Orient, le parcours révèle la spécificité de chaque artiste tout comme il met en évidence leur apport et leur rapport à l’abstraction.

L’exposition enivrante et stimulante, mêle le design, la mode, l’architecture, le cinéma, la sculpture, la peinture, la danse, la performance … Mais elle est si dense qu’il est difficile de l’apprécier en une seule fois. Elles font l’abstraction est de ce genre d’expositions qui appellent, au moins, une seconde visite afin de l’embrasser dans sa totalité. Mais c’est un plaisir que d’y retourner !

Exposition "Elles font l'abstraction" au Centre Pompidou, 19 mai - 23 août 2021, 11h - 21h, tous les jours sauf mardi, Réservation en ligne obligatoire.

Nous sommes aujourd'hui le 18 mai, et aujourd'hui c'est la journée internationale des musées. Pour cette occasion, nous vous emmenons faire un petit tour du côté du plus grand musée du monde, le musée du Louvre (qui rouvre ses portes demain !) ... il n'est pas toujours facile de s'y retrouver ! Nous vous présentons chacune une oeuvre des collections du musée que nous aimons particulièrement.

Pour Marie-Amandine, rendez-vous dans le département des objets d'arts (au 1er étage de l'aile Sully du musée):

Henry-Nicolas Cousinet (? - 1768),Nécessaire offert par Louis XV à la reine Marie Leczinska, à l'occasion de la naissance du Dauphin en 1729, 1729-1730, Paris, musée du Louvre.

Les arts décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles me passionnent, tous ces objets sont d'un grand raffinement et m'impressionnent beaucoup. Le Louvre a récemment revu la présentation des collections d'arts décoratifs de ces périodes, les mettant particulièrement bien en valeur à mon sens. Mes objets préférés ? Les porcelaines ! J'adore le thé, et je ne résiste pas à une jolie tasse ou théière.

Un des objets qui me séduit le plus est le Nécessaire offert par Louis XV à Marie Leczinska à l'occasion de la naissance du Dauphin en 1729. Ce coffret renferme tous les éléments nécessaires à la consommation du thé, du café et du chocolat, boissons considérées comme "exotiques" particulièrement prisées à cette époque. Il pouvait être utile à la reine au cours de ses voyages.

Les objets en argent doré (qu'on appelle aussi vermeil) sont de la main de l'orfèvre Henry-Nicolas Cousinet, et son accompagnés de porcelaines provenant de la manufacture de Meissen ou d'Extrême-Orient. Les formes douces, renflées et dissymétriques, le choix des ornements et la finesse de la ciselure témoignent de l'apparition du style rocaille.

Dans cet ensemble, chaque objet à une fonction bien précise : la pince à sucre, le pot à crème, la chocolatière et son réchaud, la théière (ci-dessus) ...

Fait intéressant : à la mort de la reine en 1768, le Nécessaire fut donné comme le voulait l'usage à la dame d'honneur de la reine, la comtesse de Noailles. C'est grâce à cela qu'il est parvenu jusqu'à nous, échappant aux fontes de la Révolution, qui ont détruit une très grande partie de l'orfèvrerie royale. Le service a ensuite été acheté par le musée du Louvre en 1955.

Pour Marie, l'oeuvre préférée se trouver plutôt du côté des peintures hollandaises:

Johannes Vermeer, La Dentellière, vers 1669-1670, huile sur toile collée sur bois, 24 x 21 cm, Paris, musée du Louvre.

Au musée du Louvre, la salle 837 de l'aile Richelieu m'offre toujours un grand moment d'apaisement. Surtout quand je me tourne pour regarder cette œuvre de Johannes Vermeer intitulée La Dentellière. J'ai l'impression que le temps s'arrête autour de moi, la peinture entre doucement dans mes yeux et le calme de la scène me procure presque un effet de méditation !

J'ai soudainement envie d'être aussi concentrée que cette femme et j'ai l'impression d'être dans la même bulle de lumière chaude qu'elle. Un instant fragile, hors du temps, où tout n'est que couleurs posées en petites touches devant moi. Vermeer utilisait la camera obscura pour composer ses tableaux et cet outil - ancêtre de la photographie - lui permettait d'ajouter des points de lumière où il le souhaitait. Couleurs et lumière forment des "gouttes" qui contrastent avec la précision de certains morceaux du tableau. J'apprécie beaucoup cette œuvre et lorsque je dois la quitter, je me réconforte avec le fait que le tableau appartient au patrimoine national et que je pourrai revenir ici autant de fois que je le désire.

Une fois cette pause passée avec La Dentellière, je peux apprécier L'Astronome et me diriger vers les autres tableaux de l'Ecole Flamande. Devant les œuvres de Gérard Dou et de Rembrandt, c'est l'ensemble de mes cours d'histoire de l'art suivis à Lille qui me reviennent et un réel plaisir à me dire que je vois ces œuvres en vrai, ici à Paris dans l'un des plus grands musées du monde.

Enfin, pour Emmanuelle, c'est le plafond peint par Georges Braque qui offre un autre regard - les yeux au ciel - sur le Louvre !

Georges Braque, Les oiseaux, plafond, huiles sur toile, Paris, Musée du Louvre

Commandée en 1953 par André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, Les Oiseaux de Braque s'inscrivent dans un programme initié au XIXe siècle de commandes de décor de plafond à des artistes contemporains. Composée de trois toiles, l'oeuvre s'insère dans des lambris dorés de l'antichambre d'Henri II (1519 - 1559), rappelant ainsi sa fonction de Palais Royal, avant de devenir, en 1793, en musée.

Pourquoi des oiseaux ? C'est un thème récurrent dans l'oeuvre de Braque, symbolisant, entre autres, la liberté créatrice de l'artiste.

L'aspect "déchiré" du contour blanc des différentes formes s'inscrit dans la continuité des expérimentations cubistes de Braque et reprend l'esthétique de ses célèbres papiers collés.

Mais ce ciel a également une portée historique. Il rappelle l'emblème du roi Henri II : trois croissants de lune entrelacés.

Avec une économie de moyens picturaux impressionnante (trois couleurs, des formes simplifiées), le maître de l'art moderne investit ce plafond de manière épurée contrastant avec le décor richement sculpté. Il attire ainsi le visiteur au-delà des murs du musée, dans un espace augmenté. N'est-ce pas précisément-là l'un des objectifs de l'art ... de nous transporter ailleurs ?

En continuant dans la salle suivante, vous pouvez garder les yeux au ciel et admirer l'oeuvre de l'américain Cy Twombly, The ceiling (2010), qui rend hommage aux bronzes antiques. Qui a dit que le Louvre était un musée d'art ancien ?!

Et vous, quelle est votre oeuvre préférée au musée du Louvre ? Dites-le nous en commentaire !

N°1 : Femmes d'art

Avec ce podcast Marie-Stephanie Servos donne la parole aux femmes du monde de l’art. Vous y découvrirez des personnalités et des parcours passionnants comme celui de Camille de Foresta commissaire-priseur chez Christie’s (épisode 34). Et surtout ne loupez pas la balade dans Paris avec l’artiste Prune Nourry (épisode 37) !

N°2 : Vénus s'épilait-elle la chatte ?

"Vénus s'épilait-elle la chatte ?" est le podcast de Julie Beauzac. Diplômée de l'Ecole du Louvre et toujours accompagnée d'un spécialiste, Julie Beauzac y aborde des thèmes féministes et inclusifs qui déconstruisent l'histoire de l'art occidentale. Tous les épisodes sont passionnants et offrent un autre regard sur les œuvres et les musées. Si vous ne connaissez pas, foncez !

N°3 : France culture

De la littérature au cinéma en passant par le théâtre et les arts plastiques, France culture est une mine d’informations ! Mention spéciale pour l’émission La Critique par Lucie Commeaux. N’hésitez pas à chercher le sujet qui vous intéresse directement dans la barre de recherche du site, les ressources sont impressionnantes.

N°4 : INP

L’Institut National du Patrimoine met à disposition ses conférences et colloques grâce aux podcasts. Quelle chance de pouvoir écouter si facilement et apprendre avec ces experts ! Nos thèmes favoris : “Exposer l’art contemporain dans les monuments historiques” et “Ce que patrimoine veut dire : un tour du monde des conceptions”.

N°5 : La Grande Galerie - Connaissance des arts

Sur le site de Connaissance des arts, vous trouverez un ensemble important de podcasts sur des artistes ou des grandes expositions. Des émissions à écouter pour le plaisir et sans limite. 

Besoin de vitalité dans ce contexte difficile ? Allez voir l’exposition Claude Viallat  “Sutures et Varia” à la galerie Templon ! Boost d'énergie assuré !

L’espace de la rue Grenier Saint-Lazare présente 25 pièces conçues entre 2018 et 2020 de cet artiste de 85 ans. Les œuvres sont réalisées sur différents textiles comme des tissus d’ameublement ou des toiles de parasol et explorent les notions de jonction, d’espace et de limites de la peinture. L’exposition est à voir jusqu’à ce samedi 20 mars 2021.

Vue de l'exposition Claude Viallat, Sutures et Varia à la galerie Templon, Paris, mars 2021.

Qui est Claude Viallat ?

Claude Viallat est né à Nîmes en 1936. Il est membre-fondateur du groupe avant-gardiste Supports-Surfaces des années 1970. Ses œuvres, reconnaissables par la répétition de l'empreinte en “haricot”, sont conservées dans les plus grands musées comme le Musée d’Art Moderne de Paris, le Centre Pompidou ou le MoMA de New York.

Supports-Surfaces ? Supports-Surfaces est groupe d’avant-garde français contemporain de l’Arte Povera ou du Land Art. 

Les artistes déconstruisent le tableau pour utiliser uniquement la toile (surface) et la peinture sans cadre et ni châssis (support). Ils continuent d’utiliser la peinture mais décident de s’affranchir de l’espace clos du tableau. L’exposition de  1970 au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris regroupent les artistes : Claude Viallat, Louis Cane, Marc Devade, Daniel Dezeuze, Bernard Pagès ou encore Jean-Pierre Pincemin.

Claude Viallat, Sans titre n°354, 2020, © courtesy Templon

Pour plus d’informations : site internet de la galerie Templon.

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