Voilà encore une belle saison d’expositions qui saura largement occuper les week-ends pluvieux de l’automne qui commence ! 

1. Georgia O’Keeffe au Centre Pompidou

A voir jusqu’au 6 décembre 2021

Georgia O’Keeffe (1887 - 1986) est une légende de la peinture, première femme exposée au MoMA de New-York et artiste femme dont les oeuvres sont vendues le plus cher sur le marché de l'art. Le Centre Pompidou rassemble dans cette exposition une centaine d’oeuvres, de toutes les périodes de l’artiste : vous pourrez y voir notamment ses fameux tableaux fleurs en gros plan, souvent lus comme des métaphores sexuelles par la critique, qui n’ont en réalité pas été conçues comme telles par l’artiste.

Plus étonnant, l’exposition propose de découvrir d’autres facettes de son oeuvre : des gratte-ciel new-yorkais aux paysages lunaires du Nouveau Mexique, en passant par des toiles quasi abstraites. 

Nous vous recommandons vivement cette exposition qui présente le travail d’une artiste libre dont les oeuvres ne manqueront pas de vous surprendre.

Pour en savoir plus sur Georgia O’Keeffe, le podcast dédié du Centre Pompidou


2. Vivian Maier au musée du Luxembourg

A voir jusqu’au 16 janvier 2022

Cette exposition est la première en France consacrée à l’artiste. Vivian Maier (1926 - 2009), aujourd’hui reconnue comme l'une des plus grandes photographes du XXe siècle, était, il y a encore peu de temps, complètement méconnue des spécialistes comme du grand public. Nounou à New-York puis Chicago pendant une grande partie de sa vie, elle a photographié avec son Rolleiflex puis son Leica les évolutions de la société de son époque, observant méticuleusement le tissu urbain et les personnes qui s’y trouvaient.

Ses autoportraits, présentés dans la première salle de l’exposition, jalonnent son oeuvre, et montrent d’emblée la diversité des procédés employés par l’artiste dans son travail. Ils répondent aux portraits de rue présentés quelques salles plus loin, des portraits de ceux qui, d’habitude, ne sont pas photographiés, ou qui, comme une dame de la haute société, s’offusquent que l’objectif de la photographe ne s’arrête pas sur elle. 

Une superbe découverte d’une photographe inconnue et géniale.

Prolongez la visite ou préparez-là en écoutant cette émission de France Culture qui lui est dédiée.


3. Damien Hirst à la Fondation Cartier

A voir jusqu’au 2 janvier 2022

 « Les Cerisiers en Fleurs parlent de beauté, de vie et de mort. Elles sont excessives, presque vulgaires. [...] Elles sont ornementales mais peintes d’après nature. [...] Les Cerisiers en Fleurs sont tape-à l’œil, désordonnées et fragiles, et grâces à elles, je me suis éloigné du minimalisme pour revenir avec enthousiasme à la spontanéité du geste pictural. »

Damien Hirst

Cette exposition est la première exposition institutionnelle consacrée à l’artiste britannique Damien Hirst. Sur des toiles de grand format, qui sont pour certaines assemblées en polyptyques, l’artiste s’adonne à un exercice classique, celui de la peinture de fleurs. Rendant hommage autant aux impressionnistes qu’au japonisme, il envahit ses toiles et les espaces d’exposition de cerisiers en fleurs, explosifs par leurs couleurs et la liberté de la technique de l’artiste, réaffirmant ainsi le plaisir de la création et de la matière. 

Une expérience de beauté, que vous pourrez prolonger, si la météo le permet, au café situé dans le jardin de la Fondation. 

Pour voir l’artiste au travail, jetez un coup d'oeil au film documentaire qui accompagne l’exposition !


4. La collection Morosov à la Fondation Vuitton

A voir jusqu’au 22 février 2022

La Fondation Vuitton présente une collection parfaitement extraordinaire d’oeuvres d’art de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, provenant tout droit de Russie. Il s’agit de la collection des frères Morosov, certainement la plus grande collection russe avec celle de Chtchoukine, exposée à la Fondation il y a quelques années. Les tableaux qui la constituent sont ceux des plus grands maîtres : Renoir, Monet, Van Gogh, Denis, Picasso et Matisse … des tableaux qu’on aurait pu normalement découvrir seulement en Russie, et les voilà réunis pour une exposition tout à fait exceptionnelle à la Fondation Vuitton.

Notre coup de coeur dans cette exposition va au Triptyque marocain d’Henri Matisse (ci-dessus) : trois tableaux peints lors des séjours du peintre à Tanger en 1912-1913 : à nos yeux trois chefs-d'oeuvre de lumière et de sérénité.

A ne pas manquer, car les oeuvres présentées dans l’exposition ne reviendront pas de si tôt ! 

En attendant de découvrir l’exposition, Arte propose une visite virtuelle par la commissaire générale, Anne Baldassari.


5. Venus d’ailleurs, matériaux et objets voyageurs au musée du Louvre

A voir jusqu’au 4 juillet 2022

Cette exposition a lieu dans la Petite Galerie du musée du Louvre, qui consacre chaque année son accrochage à une thématique transversale mettant en avant les collections du musée, d’une manière toujours très pédagogue. Ce lieu au sein du musée du Louvre, a été conçu pour donner des clés de lecture du musée à tous, aux plus jeunes comme aux adultes.

Cette année, l’exposition est consacrée aux objets d’arts et leurs matériaux venus des quatre coins du monde, évoquant les échanges, voyages et circulations qui y sont liées. Vous pourrez y découvrir des objets plus curieux les uns que les autres, témoignant de l’inventivité des artisans dans la mise en valeur de ces matériaux précieux. 

Parmi les 82 oeuvres présentées dans le parcours de l’exposition, vous découvrirez notamment une chaussure en ivoire dont les décorations imitent la dentelle (ci-dessus), un tableau peint sur une plaque de lapis-lazuli ou un rhinocéros en porcelaine.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le mini-site de l’exposition !


Et vous, un coup de coeur parmi les expositions à voir cet automne ?

« A nation stays alive when its culture stays alive ». Cette phrase, affichée (cf. photo ci-contre) puis gravée dans la pierre à l’entrée du musée national afghan à Kaboul, est devenue la devise du musée. 

Que faire face à l’horreur en Afghanistan ? Du côté de l’art et des musées, à priori pas grand chose. Mais parler de la culture et des richesses patrimoniales de ce pays nous permet de ne pas oublier que l'Afghanistan est une grande terre d’histoire dont l’identité est loin de se réduire aux talibans et aux valeurs inhumaines qu’ils véhiculent. 

Situé sur la route de la soie, au cœur des échanges commerciaux entre la Chine et l’Occident, l’Afghanistan possède un patrimoine culturel riche et varié, dû aux influences des différentes civilisations qui ont vécu ou transité par le pays. Le caractère multiculturel fait partie et est même constitutif de l’histoire et de l’identité de l’Afghanistan.


Trois sites patrimoniaux majeurs afghans

1.Les deux Bouddhas de Bâmiyân

Edifiés entre 300 et 700 ap. J.-C., mesurant respectivement 55 et 38 mètres, ces deux sculptures monumentales ont été détruites en mars 2001 par les talibans, quelques mois avant les attentats du World Trade Center. 

« Acte de destruction délibéré, motivé par une idéologie extrémiste visant à détruire la culture, l'identité et l'histoire, la perte des Bouddhas a révélé comment la destruction du patrimoine pouvait être utilisée comme une arme contre les populations locales. »

Ernesto Ottone R., Sous-directeur général de l'UNESCO pour la culture, 11 mars 2021

Ces deux Bouddhas se trouvaient à Bâmiyân, une vallée située à l’est de l’Afghanistan. Sculptés directement dans les falaises, ils intégraient diverses influences culturelles pour former l’école d’art bouddhique du Gandhara. Autour d’eux, dans les falaises également, de très nombreuses grottes, formant un vaste ensemble de monastères, de chapelles et de sanctuaires bouddhistes datant du IIIe au Ve siècle sont toujours visibles, et dans certaines se trouvent des vestiges de peintures murales. Ces vestiges constituaient l'un des plus importants centres bouddhistes sur la route de la soie, témoignant des influences indienne, hellénistique, romaine et sassanide, qui ont servi de base au développement de l'école du Gandhara. 

Cela fait cette année vingt ans que les deux Bouddhas ont été détruits. Le musée Guimet leur rend hommage avec l’exposition « Des images et des hommes », que vous pouvez visiter jusqu’au 18 septembre 2021.

Un autre hommage à ces sculptures monumentales leur avait été rendu dans ce même musée, cette fois par Prune Nourry (dont Marie vous avait parlé dans l'un de nos Apéros Arty), dans son exposition « Holy » en 2017 : dans les salles du musée apparaissaient les fragments d’un Bouddha monumental conçu in situ par l’artiste et dont le pied géant, installé dans la cour khmère, introduit le déploiement vertical du corps du Bouddha, la tête se trouvant au dernier étage, sous la rotonde. 


2. Le Minaret de Djam

Chef-d’oeuvre architectural inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO qui n'a été redécouvert qu'à la fin du XIXe siècle, ce minaret fut édifié en 1194 sous le sultanat de Ghiyas-od-din. S’il est aujourd’hui loin de toute ville (il se trouve à 1900 mètres d’altitude), il était au moment de sa construction dans la ville de Firuzkoh, capitale de la dynastie Ghoride. Haut de 65 mètres, le minaret est décoré de briques formant un réseau ornemental complexe et d’une frise décorée d’inscriptions en céramique turquoise à la gloire du sultan. Il témoigne de l’ingéniosité et du talent des artistes au travail à cette époque en Asie Centrale, et influença d’autres réalisations jusqu’en Inde. 


3. La Grande mosquée du vendredi ou Mosquée bleue à Hérat 

Edifiée en premier lieu au XIe siècle, la mosquée a été à plusieurs reprises détruite puis reconstruite. Impressionnante par sa taille et son décor de faïence émaillée bleue, la Grande mosquée du vendredi est une des réalisations architecturales les plus impressionnantes d’Afghanistan. Son plan, composé d’une grande cour autour de laquelle s’articulent des iwan (salles voutées) et un grand pavillon à coupole, est caractéristique de la tradition seljoukide arrivée d’Iran. 


Tillia Tepe: l'histoire romanesque d'un trésor

L’histoire de ce trésor, ou plutôt l’histoire de sa sauvegarde, est assez extraordinaire. Il s’agit d’un trésor composé de 21 000 pièces découvert en 1978 lors de fouilles d’un tell de l’âge de bronze. Issus de six sépultures, beaucoup des éléments sont des bijoux en or turquoise et lapis-lazuli d’un grand raffinement.

Un des objets les plus impressionnants est la Couronne à décor d’oiseaux retrouvée dans la tombe n°6, sépulture d’une jeune femme. Elle présente un décor impressionnant d’oiseaux et d’arbres. Ces sépultures sont celles de nomades, et cette couronne en témoigne : elle avait été conçue pour pouvoir être démontée afin d’être facilement transportable.

Ce trésor fut découvert tout juste avant l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS en 1979 qui ne permit pas de continuer les fouilles. La situation du pays se dégradant, les responsables du musée national de Kaboul proposèrent en 1988 au président Mohammed Nadjibullah de transférer une partie des oeuvres du musée, dont le trésor de Tillia Tepe, dans un lieu sécurisé. On a alors cru le trésor perdu pour toujours, tant le secret était bien gardé. Il ne réapparut qu’en 2003. A ce moment là et jusqu’en 2015, le trésor part faire le tour du monde, en commençant par le musée Guimet à Paris. A l'issue de cette "tournée" mondiale, le trésor devait retourner à Kaboul dans le nouveau musée national afghan, dont une grande partie des collections a été détruite, mais ce retour est retardé du fait de la situation instable du pays et du risque de destruction des objets.


Et à Paris, où découvrir l’art afghan ?

Au Louvre, et dans plusieurs départements du musée : dans le département des antiquités orientales d’abord, la Princesse de Bactriane, statuette votive de divinité féminine, datant  du début du IIe millénaire av. J.‑C. est un chef-d’oeuvre du musée. 

Dans le département des arts de l’Islam, le Louvre conserve un petit ensemble de céramiques de la ville fortifiée de Shahr-e Gholghola, dans la vallée de Bâmiyân (dans la même vallée où se trouvaient les Bouddhas monumentaux).

Le Louvre conserve également de belles pages de miniatures persanes provenant de la ville d'Hérat (où se trouve la Mosquée Bleue), qui fut un des plus grands centres d’enluminure, et ce à partir du XVe siècle. La page représentant Le prince Humay rencontre en rêve la princesse Humayun, peinte vers 1430-40 est une merveille de raffinement. Dans un jardin clos par une balustrade rouge, le prince Humay voit apparaître la princesse Humayun dont il est tombé amoureux. La scène, tirée d'un roman en vers du poète Khwaju Kirmani est un classique de la poésie arabe et persane.

Au musée Guimet : Parmi les chefs-d’oeuvre de l’art afghan du musée, vous pouvez admirer des hauts-reliefs en stuc comme le Bodhisattva Maitreya, « le génie d’André Malraux » (IVe – Ve siècle, stuc, 55 x 34 x 19 cm), provenant de la collection d’André Malraux ou le Génie aux fleurs (IVe-Ve siècle, stuc). Tous deux, caractéristiques du style Gandhara, mêlent influences hellénisantes et indiennes dans la forme et des ateliers gréco-romains d'Alexandrie dans la technique du stuc.

Fermé depuis 2016, le musée Carnavalet, musée d’histoire de la ville de Paris, a réouvert ses portes il y a quelques semaines. On vous recommande vivement d’aller le visiter, d’autant plus que l’entrée est gratuite, comme dans tous les musées de la ville de Paris (il faut quand même penser à réserver un créneau de visite). On vous détaille quelques-unes des raisons qui font qu’on adore ce musée, particulièrement depuis sa réouverture et la nouvelle présentation des collections permanentes.

D'abord, l’architecture du bâtiment mérite le détour: le musée Carnavalet s’étale dans deux hôtels particuliers, l’Hôtel des Ligneris (dit Carnavalet) et l’hôtel Pelletier de Saint-Fargeau. Le premier, par lequel on entre dans le musée, est un des plus anciens hôtels particuliers dits « entre cour et jardin », et fut édifié par Pierre Lescot au milieu du XVIe siècle. La façade du fond de la cour est ornée de sculptures en bas-reliefs de Jean Goujon et de son atelier qui représentent les quatre saisons. Ces deux noms vous sont peut-être familiers : il s’agit de l’architecte et du sculpteur à qui l’on doit la partie occidentale de la cour carrée du Louvre, considérée comme un manifeste de l’architecture française de la Renaissance.

Ensuite, le musée Carnavalet possède une fantastique collection de plafonds et décors anciens, qui sont particulièrement bien mis en valeur dans le nouveau parcours.

Des dispositifs de médiation astucieux vous invitent à lever les yeux pour admirer ce qui se trouve au plafond, constitués de miroirs accompagnés d’explications historiques et iconographiques qui vous éviteront le torticolis !

Parmi toutes ces merveilles qui sont parvenues jusqu’à nous, ne manquez pas les boiseries peintes et sculptées du Cabinet de l’hôtel Colbert de Villacerf (vers 1650), qui constituent un des rares ensembles complets de « lambris à la française » du XVIIe siècle.

Un coup de coeur pour les plafonds de l’Hôtel La Rivière (1652-8), un des grands chantiers parisiens de Charles Le Brun, bien avant qu’il ne travaille Vaux-Le-Vicomte pour Fouquet et au Louvre et à Versailles pour Louis XIV. L’organisation de ces plafonds est néanmoins similaire (rappelant par exemple les réalisations de Le Brun pour les Grands appartements du roi à Versailles) : sur le plafond de la grande chambre, la partie centrale représente L’Apothéose de Psyché (ci-dessous) entourée au niveau des quatre voussures des muses, tandis que les pans des voussures sont ornés de tableaux rapportés racontant les aventures de Psyché.

L’Escalier de Luynes est particulièrement impressionnant : il s’agit d’un décor peint en trompe-l’oeil par les Brunetti en 1748, transposant en format monumental les personnages des fêtes galantes mises au goût du jour au début du siècle par Watteau.

Lors de votre visite, ne manquez pas le décor d’Alphonse Mucha art nouveau de la Bijouterie Fouquet ou la très impressionnante Salle de bal de l’hôtel Wendel de José Maria Sert, dernier représentant de la « Grande peinture ».

Une des spécificités remarquables du musée : les reconstitutions d’intérieurs ou « period rooms », mêlant éléments de décoration et mobilier. Le Salon de Gilles Demarteau (ci-contre), orné des panneaux décoratifs de François Boucher et de son atelier (1765-70) est tout à fait extraordinaire. Gilles Demarteau a gravé une grande partie de l’oeuvre peint de Boucher, et demanda à ce dernier de décorer le salon de son appartement, sur l’île de la cité. Pour ces panneaux pittoresques, peuplés d’animaux et recréant une campagne bucolique, Boucher fut assisté de deux autres grands noms de la peinture du Siècle des Lumières, Jean-Honoré Fragonard et Jean-Baptiste Huet.

L’ensemble a été complètement restauré pour la réouverture du musée et est agrémenté de sièges, tables et lustres, nous permettant d’avoir une idée de la fonction première de ce décor.

Un des chefs-d’œuvre de mobilier conservé et exposé au musée Carnavalet est le Bureau de Madame de Sévigné, qui vécut dans l’hôtel particulier qui abrite le musée à partir de 1677 jusqu’à sa mort en 1696. Le bureau, en plus d’évoquer la passion de la marquise pour l’écriture, est un des rares exemples de meuble réalisé en Chine pour le compte de la Compagnie des Indes. Réalisé vers 1690, ce bureau mêle sur ses panneaux de laque des ornementations d’inspiration occidentale, avec des guirlandes de fleurs, des fruits et des scènes plus typiques de la tradition chinoise sur les côtés, avec des oiseaux posés dans des branchages.

Enfin, ne passez pas à côté des magnifiques peintures de la collection du musée, comme le Portrait de François Ier par Joos Van Cleve (vers 1530-5) ou le Portrait de Madame Récamier par François Gérard (ci-contre).

Vous l’aurez compris, le musée Carnavalet est un régal pour les amateurs d’art ancien, mais ceux qui préfèrent les oeuvres plus contemporaines y trouveront également leur compte : dans le projet de rénovation, l’accent a été porté sur la mise en valeur des objets et oeuvres d’art de cette période.

Un conseil : prévoyez une demi-journée pour profiter du musée ou choisissez d’y revenir car il y a beaucoup de choses à voir (625 000 œuvres, de la préhistoire à nos jours : Peintures, sculptures, maquettes, enseignes, dessins, gravures, affiches, médailles et monnaies, objets d’histoire et de mémoire, photographies, boiseries, décors et pièces de mobilier…), à découvrir et devant lesquelles s’émerveiller !

Pour réserver votre créneau de visite - Pour organiser une visite guidée du musée avec ma-tisse

Depuis la réouverture des musées le 19 mai dernier, les musées nous proposent un superbe programmation d'expositions temporaires. Notre sélection, si vous restez un peu à Paris ou si vous passez par là cet été !

1. Elles font l’abstraction, Centre Pompidou, jusqu’au 23 août 

On vous parle sans cesse de cette expo, elle a vraiment été un coup de cœur pour nous : un vrai point de vue et de belles découvertes et remises en questions historiques. 

Coup de cœur pour les œuvres de la suédoise Hilma af Klint, rarement présentées en France et pourtant si impressionnantes, qui ouvrent l’exposition. Et pour finir l'exposition : un tableau monumental du APY Art Center Collective, œuvre collective réalisée par des femmes issues de communautés aborigènes du sud de l’Australie.

En savoir plus - Présentation de l'expo par une des commissaires, Christine Macel


2. Les origines du monde, Musée d’Orsay, jusqu’au 18 juillet 

Cette exposition organisée avec le Museum national d’histoire naturelle retrace le développement des sciences naturelles et l’impact de ces découvertes dans les arts plastiques. De l’homme préhistorique aux dinosaures, on comprend la révolution et les remises en question opérées par cette nature nouvelle. Le croisement entre objets du patrimoine scientifique et objets d’arts provenant du Louvre, du musée d’Orsay ou d’autres très prestigieuses collections permet une mise en perspective nouvelle et plutôt rafraîchissante !

Le musée d’Orsay est décidément à la pointe quand il s’agit de proposer de nouveaux regards sur les oeuvres d’art.

Nos coups de coeur dans cette exposition : les Panaches de mer, lithophytes et coquilles d’Anne Vallayer-Coster (1769, musée du Louvre), les deux tableaux d’Hilma af Klint (dont HaK27, Group II, The Eros Series no. 2, 1907), bien représentées dans les musées en ce moment, ou la cimaise confrontant l’Origine du monde de Gustave Courbet (1866, musée d’Orsay) et la Coquille d’Odilon Redon (1912, musée d’Orsay).

Ne traînez pas, l’exposition se termine dimanche !

Plus d'infos - L'art et la matière (France Culture) consacrée à l'expo


3. The Power of My Hands, Afrique(s) : artistes femmes, Musée d’art moderne de la ville de Paris, jusqu’au 22 août 

Organisée dans le cadre de la Saison Africa2020, cette exposition présente le travail de seize artistes femmes issues de pays africains et de la diaspora, dont les oeuvres rendent compte de problématiques sociales, de leur rapport à leur vie personnelle, à l’espace intime et public. 

L’exposition tire son nom d’une oeuvre d’une jeune artiste, Kyezua, née en 1988 à Luanda en Angola, mettant en avant l’importance de la coiffure, des tresses, de leur enjeu social, de leur rôle identitaire.

Coup de coeur pour les toiles de Portia Zvavahera, née en 1985 à Harare, Zimbabwe, inspirées d’un rêve de l’artiste.

Plus d’infos - Pour écouter les commissaires parler de l'expo


4. Femmes peintres 1780 - 1830, naissance d’un combat, Musée du Luxembourg, jusqu’au 25 juillet 

Une très belle exposition de peinture ancienne, qui montre que l’invisibilisation des artistes femmes, dans leurs carrières et dans l’histoire de l’art, concerne toutes les époques.

Si l’exposition s’ouvre sur la plus célèbre des peintres femmes de cette époque, Elisabeth Vigée Le Brun, elle nous permet de découvrir les oeuvres d’artistes dont les noms ont été aujourd’hui oubliés et qui étaient pourtant à leur époque exposées et collectionnées. L’exposition permet de remettre à leur place ces artistes, la variété de leur travail, des sujets, des styles, et cela notamment en ne traitant qu’une courte période chronologique, autour des années de la Révolution française. 

Plus d’infos - L'expo décryptée par Magaux Brugvin


5. Dali, l’énigme sans fin, Atelier des lumières, jusqu'au 2 janvier 2022

Même si Salvador Dalí est loin d’être notre artiste préféré, la mise en scène de ses oeuvres par l’Atelier des Lumières est époustouflante.

On a l’habitude de spectacles grandioses et immersifs qui nous plongent dans l’univers d’un artiste le temps d’une visite, mais cette fois-ci, c’est le choix de la bande son accompagnant les oeuvres qui vaut le détour. En effet, les œuvres du surréaliste Dalí, mystérieuses et bizarres, sont projetées avec du Pink Floyd. Le côté psychédélique est ainsi bien souligné et la musique apporte une véritable profondeur aux œuvres du maître espagnol, leur redonnant du même coup un petit coup de jeune.

Le petit plus : un autre maître espagnol, Antoni Gaudí, est lui aussi mis à l’honneur dans une petite projection qui suit celle consacrée à Dalí. 

Plus d'infos


Bonus : en allant se promener à la Manufacture de Sèvres (Métro "Pont de Sèvres" sur la ligne 9) pour voir l’exposition « A table ! le repas, tout un art » jusqu’au 24 octobre 2021.

Et n’oubliez pas de réserver votre créneau de visite pour toutes ces expositions !

En panne d’inspiration de livres à lire cet été ? Voici quelques idées pour vous, en lien avec un sujet qui nous tient particulièrement à coeur : les artistes femmes. Face à leur invisibilisation dans l’histoire de l’art (un des livres d’histoire de l’art de référence, le Gombrich, ne cite aucune femme …), de nombreuses initiatives et travaux de recherche parviennent peu à peu à redonner aux artistes femmes leur juste place. 

Voici notre petite sélection :

1. Pour commencer : Susie Hodge, Petite histoire des artistes femmes, Flammarion, 2021

Un livre synthétique qui revient sur les oeuvres des grandes artistes femmes et les problématiques liées à leur travail : une parfaite entrée en matière qui trouvera tout naturellement sa place dans votre sac de plage cet été !

Le petit plus : Le livre présente un choix plutôt original d’artistes femmes, venant des quatre coins du monde, et des pages thématiques pour s’éloigner des traditionnelles biographies d’artistes. 

2. L’incontournable : Linda Nochlin, Pourquoi n’y a-t-il pas eu des grandes femmes artistes, Thames & Hudson, 2021

Ce petit livre est une publication toute récente et traduite en français de l’essai majeur de Linda Nochlin, qui, en 1971, date de sa publication dans la revue ARTnews, mit un grand coup de pied dans la fourmilière. Cet essai est à l’origine de nombreux autres travaux dans l’histoire des artistes femmes et leur redécouverte.

Linda Nochlin est une chercheuse américaine spécialiste de Gustave Courbet qui est surtout connue pour ses travaux sur l’histoire de la place des femmes dans l’art, rendus notamment publics lors de l’exposition dont elle était commissaire, Women Artists 1550 - 1950 au Los Angeles County museum of Art en 1976.

3. A avoir dans sa bibliothèque : Laure Adler et Camille Viéville, Les femmes artistes sont dangereuses, Flammarion, 2018

Cet ouvrage fait suite au très fameux Les femmes qui lisent sont dangereuses (publié en 2005) et présente de manière chronologique les biographies des plus grandes artistes femmes de la Renaissance à nos jours. Agrémenté de belles reproductions d’oeuvres et de photographies d’artistes, cet ouvrage donne envie d’en savoir plus sur les artistes qui y sont présentées !

L'histoire de l'art a été pensée, écrite, publiée, transmise par des hommes. Et quand on est née femme, être artiste, y avoir accès, le prouver, produire, montrer, continuer à le demeurer est un combat permanent, dangereux, épuisant physiquement, intellectuellement et psychiquement. 

Laure Adler, Les femmes artistes sont dangereuses

4. Pour voir les musées et leurs collections sous un autre oeil : Camille Morineau, Artistes femmes de 1905 à nos jours, Centre Pompidou, 2010

Publié en 2010, ce livre fait écho à l’accrochage mené par Camille Morineau au Centre Pompidou en 2009-2011, « Elles@centrepompidou », qui présentait sur les deux étages des espaces du musée d’art moderne et contemporain uniquement des artistes femmes et qui a fait date dans la reconnaissance de celles-ci.

Cet ouvrage propose une relecture de la collection du Centre Pompidou : les oeuvres des artistes femmes. Camille Morineau, auparavant conservatrice au Centre Pompidou, est directrice de l’association AWARE (Archives of Women Artists Research and Exhibitions) depuis sa création en 2014, et répond dans son travail à la sous-représentation des femmes dans le monde de l’art.

5. Pour les amateurs.trices de romans : Anne Delbée, Une femme, Camille Claudel, Le livre de poche

Une biographie de Camille Claudel qui a fait date : publié en 1982, ce livre a largement permis la redécouverte de la vie et de l’oeuvre de Camille Claudel, sculptrice géniale qui est restée longtemps dans l’ombre de Rodin. Le livre, traduit en 27 langues, est un incontournable. Il a d’ailleurs été à l’origine du film (maintenant culte) réalisé par Bruno Nuytten en 1988, pour lequel Isabelle Adjani reçut le César de la meilleure actrice pour son interprétation du personnage de Camille Claudel. 

… et bien sûr nous n’oublions pas les catalogues des grandes expositions qui ont mis à l’honneur des artistes femmes, comme Niki de Saint Phalle, Kiki Smith, Elisabeth Vigée-Le Brun, Dora Maar ou les tout récents catalogues des expositions actuellement visibles à Paris : « Elles font l’abstraction » au Centre Pompidou (dont Emmanuelle nous parlait dans un précédent article) ou « Peintres femmes (1780 - 1830) : naissance d’un combat » au musée du Luxembourg. Mais ces ouvrages sont peut-être un peu trop encombrants pour être emmenés dans sa valise pour les vacances ! 😉

En bonus : pour parler des artistes femmes aux enfants !

A mettre absolument entre toutes les mains, aussi bien des petit.e.s que des plus grand.e.s ! Chez ma-tisse, on est fan de la revue Dada, dont les contenus sont toujours très bien faits. Ce numéro, joliment illustré par Camille de Cussac, donne un aperçu joyeux et ludique de ce grand sujet de l'histoire de l'art !

Et vous, vous avez des recommandations à nous faire ?

Il n'est pas toujours facile d'emmener des enfants au musée : on entend souvent dans la bouche des enfants que ce sont des lieux ennuyeux. Chez ma-tisse, nous concevons des parcours spécialement adaptés aux enfants, quel que soit leur âge (nous accueillons dans nos visites les enfants à partir de 2 ans), afin que le musée devienne pour chacun un lieu accueillant et familier.

Nous sommes convaincues que tous les musées peuvent plaire à tous, et nous faisons en sorte d'adapter notre discours et les activités en fonction du lieu et de chaque enfant.

Quelques conseils pour profiter à fond d'une visite de musée avec des enfants :

Repérez le parcours, n'essayez pas de tout voir : les enfants risqueraient de se lasser. De la même manière, faites-en sorte que la visite du musée ne dure pas plus d'une heure et demi.

Adaptez la visite aux goûts de l'enfant : s'il aime la mythologie, emmenez-le au Louvre voir les sculptures antiques, s'il préfère les animaux, filez au musée d'Orsay voir les peintres réalistes, et s'il apprécie les formes abstraites, promenez-vous dans les collections du Musée d'art moderne de la ville de Paris.

Eveillez aussi la curiosité des enfants ! Rendez-les acteur de leur visite, en leur demandant leur avis sur les oeuvres : en se demandant s'ils aiment ou non un tableau, les enfants le regardent mieux !

Prévoyez un petit carnet et un crayon par enfant, et proposez-leur de dessiner devant quelques-unes des oeuvres, cela leur permettra de garder un souvenir de leur visite ! On peut même imaginer un petit carnet que l'enfant pourrait emmener d'un musée à l'autre ...

Demandez conseil à l'accueil du musée : de très nombreux musées proposent des parcours adaptés aux enfants et des livrets jeux qui peuvent rendre la visite plus ludique !

Choisissez éventuellement un musée moins fréquenté, ce qui favorisera le confort de visite et le dialogue ! Un de nos coups de coeur à Paris : la collection permanente du musée d'art moderne de la ville de Paris ! Vous y découvrirez de vastes salles et des oeuvres colorées et impressionnantes qui sauront plaire aux enfants de tous les âges !

Le désir d'art n'est pas inné ! Il s'agit d'un apprentissage de l'attention et du regard qui peut s'avérer compliqué pour les enfants qui sont, de nos jours, sur-sollicités, en particulier par de l'image animée. Prenez le temps : le goût et l'envie d'aller au musée viendront !

Notre petit plus chez ma-tisse : nous concevons pour chaque visite du matériel pédagogique adapté et ludique, comme des jeux, devinettes ou coloriages. Le musée devient alors un lieu d'émerveillement et un superbe terrain de jeu, car on le sait, on apprend mieux en s'amusant !

Quoi de mieux que de former les enfants, dès leur plus jeune âge, à comprendre les images du monde qui les entoure et à les interpréter ?

Si vous voulez réserver une visite en famille avec nous, consultez notre catalogue et n'hésitez pas à nous contacter ! Vous pouvez également nous poser toutes vos questions en commentaire !

Nous sommes aujourd'hui le 18 mai, et aujourd'hui c'est la journée internationale des musées. Pour cette occasion, nous vous emmenons faire un petit tour du côté du plus grand musée du monde, le musée du Louvre (qui rouvre ses portes demain !) ... il n'est pas toujours facile de s'y retrouver ! Nous vous présentons chacune une oeuvre des collections du musée que nous aimons particulièrement.

Pour Marie-Amandine, rendez-vous dans le département des objets d'arts (au 1er étage de l'aile Sully du musée):

Henry-Nicolas Cousinet (? - 1768),Nécessaire offert par Louis XV à la reine Marie Leczinska, à l'occasion de la naissance du Dauphin en 1729, 1729-1730, Paris, musée du Louvre.

Les arts décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles me passionnent, tous ces objets sont d'un grand raffinement et m'impressionnent beaucoup. Le Louvre a récemment revu la présentation des collections d'arts décoratifs de ces périodes, les mettant particulièrement bien en valeur à mon sens. Mes objets préférés ? Les porcelaines ! J'adore le thé, et je ne résiste pas à une jolie tasse ou théière.

Un des objets qui me séduit le plus est le Nécessaire offert par Louis XV à Marie Leczinska à l'occasion de la naissance du Dauphin en 1729. Ce coffret renferme tous les éléments nécessaires à la consommation du thé, du café et du chocolat, boissons considérées comme "exotiques" particulièrement prisées à cette époque. Il pouvait être utile à la reine au cours de ses voyages.

Les objets en argent doré (qu'on appelle aussi vermeil) sont de la main de l'orfèvre Henry-Nicolas Cousinet, et son accompagnés de porcelaines provenant de la manufacture de Meissen ou d'Extrême-Orient. Les formes douces, renflées et dissymétriques, le choix des ornements et la finesse de la ciselure témoignent de l'apparition du style rocaille.

Dans cet ensemble, chaque objet à une fonction bien précise : la pince à sucre, le pot à crème, la chocolatière et son réchaud, la théière (ci-dessus) ...

Fait intéressant : à la mort de la reine en 1768, le Nécessaire fut donné comme le voulait l'usage à la dame d'honneur de la reine, la comtesse de Noailles. C'est grâce à cela qu'il est parvenu jusqu'à nous, échappant aux fontes de la Révolution, qui ont détruit une très grande partie de l'orfèvrerie royale. Le service a ensuite été acheté par le musée du Louvre en 1955.

Pour Marie, l'oeuvre préférée se trouver plutôt du côté des peintures hollandaises:

Johannes Vermeer, La Dentellière, vers 1669-1670, huile sur toile collée sur bois, 24 x 21 cm, Paris, musée du Louvre.

Au musée du Louvre, la salle 837 de l'aile Richelieu m'offre toujours un grand moment d'apaisement. Surtout quand je me tourne pour regarder cette œuvre de Johannes Vermeer intitulée La Dentellière. J'ai l'impression que le temps s'arrête autour de moi, la peinture entre doucement dans mes yeux et le calme de la scène me procure presque un effet de méditation !

J'ai soudainement envie d'être aussi concentrée que cette femme et j'ai l'impression d'être dans la même bulle de lumière chaude qu'elle. Un instant fragile, hors du temps, où tout n'est que couleurs posées en petites touches devant moi. Vermeer utilisait la camera obscura pour composer ses tableaux et cet outil - ancêtre de la photographie - lui permettait d'ajouter des points de lumière où il le souhaitait. Couleurs et lumière forment des "gouttes" qui contrastent avec la précision de certains morceaux du tableau. J'apprécie beaucoup cette œuvre et lorsque je dois la quitter, je me réconforte avec le fait que le tableau appartient au patrimoine national et que je pourrai revenir ici autant de fois que je le désire.

Une fois cette pause passée avec La Dentellière, je peux apprécier L'Astronome et me diriger vers les autres tableaux de l'Ecole Flamande. Devant les œuvres de Gérard Dou et de Rembrandt, c'est l'ensemble de mes cours d'histoire de l'art suivis à Lille qui me reviennent et un réel plaisir à me dire que je vois ces œuvres en vrai, ici à Paris dans l'un des plus grands musées du monde.

Enfin, pour Emmanuelle, c'est le plafond peint par Georges Braque qui offre un autre regard - les yeux au ciel - sur le Louvre !

Georges Braque, Les oiseaux, plafond, huiles sur toile, Paris, Musée du Louvre

Commandée en 1953 par André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, Les Oiseaux de Braque s'inscrivent dans un programme initié au XIXe siècle de commandes de décor de plafond à des artistes contemporains. Composée de trois toiles, l'oeuvre s'insère dans des lambris dorés de l'antichambre d'Henri II (1519 - 1559), rappelant ainsi sa fonction de Palais Royal, avant de devenir, en 1793, en musée.

Pourquoi des oiseaux ? C'est un thème récurrent dans l'oeuvre de Braque, symbolisant, entre autres, la liberté créatrice de l'artiste.

L'aspect "déchiré" du contour blanc des différentes formes s'inscrit dans la continuité des expérimentations cubistes de Braque et reprend l'esthétique de ses célèbres papiers collés.

Mais ce ciel a également une portée historique. Il rappelle l'emblème du roi Henri II : trois croissants de lune entrelacés.

Avec une économie de moyens picturaux impressionnante (trois couleurs, des formes simplifiées), le maître de l'art moderne investit ce plafond de manière épurée contrastant avec le décor richement sculpté. Il attire ainsi le visiteur au-delà des murs du musée, dans un espace augmenté. N'est-ce pas précisément-là l'un des objectifs de l'art ... de nous transporter ailleurs ?

En continuant dans la salle suivante, vous pouvez garder les yeux au ciel et admirer l'oeuvre de l'américain Cy Twombly, The ceiling (2010), qui rend hommage aux bronzes antiques. Qui a dit que le Louvre était un musée d'art ancien ?!

Et vous, quelle est votre oeuvre préférée au musée du Louvre ? Dites-le nous en commentaire !

Nous sommes toutes les trois spécialisées dans l'initiation aux arts plastiques et à l'histoire de l'art pour les enfants et particulièrement les tout-petits à partir de de 2 ans.

Notre but lors des ateliers que nous développons et d'engager une approche sensible et curieuse chez l'enfant.

Dans ce cadre, nous animons chaque semaine un après-midi d'ateliers multisensoriels pour les enfants de 2 à 7 ans de l'école Montessori 101 au Kremlin-Bicêtre.

Comment ça se passe, concrètement ? Sur un après-midi, nous prenons en charge une vingtaine d'enfants, répartis en deux groupes et en deux ateliers: un premier atelier d'histoire de l'art et art plastiques et le deuxième plutôt axé sur l'éveil corporel.

Le premier atelier d'histoire de l'art et arts plastiques commence toujours de la même manière: les enfants découvrent une oeuvre ou un petit corpus d'oeuvres. Le temps d'observation devant la ou les reproductions des œuvres et le dialogue qui se construit dans le groupe est un moment essentiel. L’observation calme est valorisée, la pratique artistique arrive dans un second temps, lorsque le temps de concentration est dépassé.

L'atelier continue ensuite avec une proposition d'activité au cours de laquelle les enfants s'expriment et découvrent la technique de l'oeuvre de l'artiste. Les ateliers s'adaptent à chaque enfant: nous envisageons chaque artiste avec plusieurs propositions créatives (collage, peinture, dessin, sculpture, etc.) pour que les enfants créent en fonction de leurs envies du moment.

Le second atelier prolonge cette découverte artistique par une pratique corporelle, visant à éveiller la motricité et le développement psychomoteur des enfants. Nous nous associons pour ces ateliers à une danseuses professionnelle et professeure de yoga, Laure, qui permet de rendre plus pertinents encore ces ateliers.

L'après-midi d'ateliers se conclue par une mise en commun des sensations des enfants.

Qu'en pensez-vous ? Vous avez des questions ? N'hésitez pas à en discuter en laissant un commentaire !

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