28 juillet 2022

Un été à Arles

Nos coups de coeur
par Emmanuelle Le Cadre

« Un été des révélations », c’est ainsi que la 53e édition des Rencontres de la photographie d’Arles se présente. 

Et, en effet, parmi la quarantaine d’expositions disséminées dans les lieux et monuments arlésiens, nombreuses sont les révélations qui ont surgi lors de nos pérégrinations (photographiques bien sûr, mais aussi culturelles, sociales, géographiques, esthétiques, etc.).

La révélation, c’est un invisible rendu visible pour reprendre les termes du titre de cette édition, c’est une évidence mise en lumière.

Vue de l’exposition Un garçon du village de Sathish Kumar, Cloître Saint-Trophime.

Et parmi ces révélations, voici celles qui nous ont le plus marquées :

Mise à l'honneur d'artistes accompli.e.s

  • Une exposition autour de la figure de l'américaine Lee Miller (1907-1977) éclaire une période intense (1932-1945) de la carrière passionnante et de foisonnante de celle qui fut tout d’abord mannequin. De portraitiste à reporter de guerre, en passant par la photographe de mode, cette exposition révèle la complexité de celle qui revendiquait avec force sa liberté.
  • Une rétrospective dédiée à la plus américaine des photographes françaises : Babette Manglote. Au contact de ceux qui ont révolutionné la danse à New York dans les années 1970, Babette Manglote est venue, par sa caméra ou son objectif révéler les spécificités de la danse des plus grands chorégraphes de cette époque. De Trisha Brown à Merce Cunningham en passant par Yvonne Rainer, son immense talent lui a permis de saisir au plus le corps dansant et de rendre de manière remarquable la relation du mouvement à l’espace ! 

Au Luma, une exposition James Barnor : Stories. Le Portfolio 1947-1987 retrace 40 ans de carrière du grand photographe ghanéen, à travers des clichés pris de son pays natal à son pays d'adoption : la Grande Bretagne, et dessinant ainsi une histoire transnationale.

Cette exposition vous permettra en plus d’explorer cette drôle de tour miroitante qui domine Arles. La Tour ou le Luma - œuvre de Frank Gehry -, ouvert il y a un peu plus d'un an, a été fondée par la collectionneuse et mécène suisse Maja Hoffman. Ce lieu a pour vocation l'expérimentation, la production et la diffusion de la création contemporaine en arts visuels. Etonnant mais aussi fascinant !

Des artistes à ne pas manquer dans des lieux atypiques :  

  • Envie d’un café ? Filez à Croisière, bar ouvert et culturel, où vous pourrez recharger vos batteries ! Après un verre, explorez les œuvres exposées au sein du bâtiment et arrêtez-vous notamment un moment dans l’exposition du photographe français Julien Lombardi :  La Terre où est né le soleil. L’artiste explore, sous divers aspects, le Mexique et construit un récit photographique poétique aux multiples techniques.
  • Au sein de l’église des Trinitaires, la scénographie, la lumière et bien évidemment les œuvres - fixes et en mouvement - de l’artiste française Noémie Goudal nous plongent dans une atmosphère étrange, à la fois fascinante et suffocante, où la nature brûle, s’enfonce, disparait et parfois renait. Tout cela portant le mythique nom de Phoenix.
  • Besoin de faire des courses ? Le Monoprix d’Arles vous accueille et vous propose d’en profiter pour vous plonger encore dans des œuvres photographiques ! Ne ratez pas l’exposition de l’artiste allemand Lukas Hoffman, dont les oeuvres, si elles s’affichent de prime abord comme des évidences, cachent pourtant un certain mystère. Ses séries réalisées à la chambre photographique jouent de la matière et de la lumière pour révéler (ou du moins évoquer) ce mystère qu’est la temporalité. 

Si vous avez du temps, allez jusqu’à Nîmes et pénétrer dans la chapelle des Jésuites pour vous immerger dans l’œuvre vidéo à la fois politique et magique de Julien Creuzet. L’artiste est également présent au sous-sol du Luma qu’il investit d’une atmosphère étrange (ambiance underground garantie !) en associant divers médiums (sculpture, vidéo, installation), et où il continue d'interroger les aspects noirs de la colonisation tout en s'inspirant de la culture afro-caribéenne et créole.

Des artistes émergents et prometteurs - Le prix Découverte Louis Roderer :

Au sein de la charmante église des Frères Prêcheurs, l’exposition réunit des univers très différents et porte pourtant en elle une vraie cohérence. Les jeunes photographes mis en regard se retrouvent dans leur démarche similaire : fondée sur l’intime et le personnel. De vraies découvertes : émotionnelles et esthétiques. Un vrai coup de cœur ! 

Vue des vidéos de Céleste Leeuwenburg, A partir de ce qu'elle m'a dit. Et ce que je ressens, Exposition Prix Roderer

Et puis, pour varier les plaisirs artistiques entre deux expositions photographiques :  

Passez les portes de la Fondation Lee Ufan qui vient d'ouvrir ses portes. L’artiste coréen, amoureux d’Arles, investit les salles d’un ancien hôtel particulier de ses œuvres minimalistes et méditatives. Une respiration tout à la fois sculpture, picturale et même architecturale (l'œuvre qui vous accueille est issue de la collaboration entre Lee Ufan et le célèbre architecte Tadao Ando). La rencontre de l’altérité est au cœur du parcours, que ce soit avec la matière, l’espace, l’autre ou soi-même.

Détail de l'oeuvre Relatum Accès , Fondation Lee Ufan 

  • Ou bien montez sur la terrasse de la Fondation Van Gogh : vue imprenable sur les toits, « chefs-d’œuvre » arlésiens !

Arles 2022, Les Rencontres de la photographie, jusqu’au 25 septembre 2022. Plus d’informations sur :  https://www.rencontres-arles.com ou en téléchargeant l'application Arles 2022.

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