18 mai 2021

Nos oeuvres favorites du musée du Louvre

Nos coups de coeur
par Marie-Amandine Brunelle

Nous sommes aujourd'hui le 18 mai, et aujourd'hui c'est la journée internationale des musées. Pour cette occasion, nous vous emmenons faire un petit tour du côté du plus grand musée du monde, le musée du Louvre (qui rouvre ses portes demain !) ... il n'est pas toujours facile de s'y retrouver ! Nous vous présentons chacune une oeuvre des collections du musée que nous aimons particulièrement.

Pour Marie-Amandine, rendez-vous dans le département des objets d'arts (au 1er étage de l'aile Sully du musée):

Henry-Nicolas Cousinet (? - 1768),Nécessaire offert par Louis XV à la reine Marie Leczinska, à l'occasion de la naissance du Dauphin en 1729, 1729-1730, Paris, musée du Louvre.

Les arts décoratifs des XVIIe et XVIIIe siècles me passionnent, tous ces objets sont d'un grand raffinement et m'impressionnent beaucoup. Le Louvre a récemment revu la présentation des collections d'arts décoratifs de ces périodes, les mettant particulièrement bien en valeur à mon sens. Mes objets préférés ? Les porcelaines ! J'adore le thé, et je ne résiste pas à une jolie tasse ou théière.

Un des objets qui me séduit le plus est le Nécessaire offert par Louis XV à Marie Leczinska à l'occasion de la naissance du Dauphin en 1729. Ce coffret renferme tous les éléments nécessaires à la consommation du thé, du café et du chocolat, boissons considérées comme "exotiques" particulièrement prisées à cette époque. Il pouvait être utile à la reine au cours de ses voyages.

Les objets en argent doré (qu'on appelle aussi vermeil) sont de la main de l'orfèvre Henry-Nicolas Cousinet, et son accompagnés de porcelaines provenant de la manufacture de Meissen ou d'Extrême-Orient. Les formes douces, renflées et dissymétriques, le choix des ornements et la finesse de la ciselure témoignent de l'apparition du style rocaille.

Dans cet ensemble, chaque objet à une fonction bien précise : la pince à sucre, le pot à crème, la chocolatière et son réchaud, la théière (ci-dessus) ...

Fait intéressant : à la mort de la reine en 1768, le Nécessaire fut donné comme le voulait l'usage à la dame d'honneur de la reine, la comtesse de Noailles. C'est grâce à cela qu'il est parvenu jusqu'à nous, échappant aux fontes de la Révolution, qui ont détruit une très grande partie de l'orfèvrerie royale. Le service a ensuite été acheté par le musée du Louvre en 1955.

Pour Marie, l'oeuvre préférée se trouver plutôt du côté des peintures hollandaises:

Johannes Vermeer, La Dentellière, vers 1669-1670, huile sur toile collée sur bois, 24 x 21 cm, Paris, musée du Louvre.

Au musée du Louvre, la salle 837 de l'aile Richelieu m'offre toujours un grand moment d'apaisement. Surtout quand je me tourne pour regarder cette œuvre de Johannes Vermeer intitulée La Dentellière. J'ai l'impression que le temps s'arrête autour de moi, la peinture entre doucement dans mes yeux et le calme de la scène me procure presque un effet de méditation !

J'ai soudainement envie d'être aussi concentrée que cette femme et j'ai l'impression d'être dans la même bulle de lumière chaude qu'elle. Un instant fragile, hors du temps, où tout n'est que couleurs posées en petites touches devant moi. Vermeer utilisait la camera obscura pour composer ses tableaux et cet outil - ancêtre de la photographie - lui permettait d'ajouter des points de lumière où il le souhaitait. Couleurs et lumière forment des "gouttes" qui contrastent avec la précision de certains morceaux du tableau. J'apprécie beaucoup cette œuvre et lorsque je dois la quitter, je me réconforte avec le fait que le tableau appartient au patrimoine national et que je pourrai revenir ici autant de fois que je le désire.

Une fois cette pause passée avec La Dentellière, je peux apprécier L'Astronome et me diriger vers les autres tableaux de l'Ecole Flamande. Devant les œuvres de Gérard Dou et de Rembrandt, c'est l'ensemble de mes cours d'histoire de l'art suivis à Lille qui me reviennent et un réel plaisir à me dire que je vois ces œuvres en vrai, ici à Paris dans l'un des plus grands musées du monde.

Enfin, pour Emmanuelle, c'est le plafond peint par Georges Braque qui offre un autre regard - les yeux au ciel - sur le Louvre !

Georges Braque, Les oiseaux, plafond, huiles sur toile, Paris, Musée du Louvre

Commandée en 1953 par André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, Les Oiseaux de Braque s'inscrivent dans un programme initié au XIXe siècle de commandes de décor de plafond à des artistes contemporains. Composée de trois toiles, l'oeuvre s'insère dans des lambris dorés de l'antichambre d'Henri II (1519 - 1559), rappelant ainsi sa fonction de Palais Royal, avant de devenir, en 1793, en musée.

Pourquoi des oiseaux ? C'est un thème récurrent dans l'oeuvre de Braque, symbolisant, entre autres, la liberté créatrice de l'artiste.

L'aspect "déchiré" du contour blanc des différentes formes s'inscrit dans la continuité des expérimentations cubistes de Braque et reprend l'esthétique de ses célèbres papiers collés.

Mais ce ciel a également une portée historique. Il rappelle l'emblème du roi Henri II : trois croissants de lune entrelacés.

Avec une économie de moyens picturaux impressionnante (trois couleurs, des formes simplifiées), le maître de l'art moderne investit ce plafond de manière épurée contrastant avec le décor richement sculpté. Il attire ainsi le visiteur au-delà des murs du musée, dans un espace augmenté. N'est-ce pas précisément-là l'un des objectifs de l'art ... de nous transporter ailleurs ?

En continuant dans la salle suivante, vous pouvez garder les yeux au ciel et admirer l'oeuvre de l'américain Cy Twombly, The ceiling (2010), qui rend hommage aux bronzes antiques. Qui a dit que le Louvre était un musée d'art ancien ?!

Et vous, quelle est votre oeuvre préférée au musée du Louvre ? Dites-le nous en commentaire !

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